Au dessus
#1 (+5)
Je ne sais pas si j’ai raison.
Si j’y arrive vraiment, aussi.
Le pardon. La miséricorde. La seconde chance. Gommer la colère, la tristesse, la déception. Garder l’amour. Faire le tri. Faire le tri. Faire le tri.
Je ne sais pas.
J’ai l’impression de me persuader de quelque chose. D’avoir tellement envie d’y croire. Croire que tu ne me blesseras plus. Que tu ne me tueras plus.
Comme tu viens de le faire.
Je sais pourtant. Depuis le début. Je sais.
Que je vais pleurer à cause de toi. Que le jour où ça finira, je pleurerai comme jamais je n’ai pleuré. Parce que je t’aime.
Essayer de grandir. En espérant que tu grandiras aussi. En le croyant. Croire. Avoir confiance. La foi.
En toi. En moi. En nous.
Je ne sais plus si j’ai raison de croire en nous.
#2 (+50)
Les petits mots dits. Les non-dits.
Le verbe assassin, les petites humiliations, la gorge nouée, les larmes aux yeux, acerbes, acides.
Le ressentiment, le refoulé, le rejeté.
La colère, la tristesse, l’abandon.
L’attente et l’espoir désertés, le désir. Le désir.
Irrité, dépité, caresser.
Passer au-dessus, laver, oublier et recommencer. Ne pas avoir peur, te regarder et croire, de nouveau. Comme avant. En avant. Action.
« Je t’aime. »
9:15 pm • 6 August 2011 • 6 notes
Galop
Un jour, dans le lit, tu as murmuré en me regardant te regarder « toi tu es fou amoureux » et j’ai feint de n’avoir pas entendu, pas compris, tu n’as pas répété.
Tu avais raison.
J’ai l’impression de n’avoir jamais été amoureux. Avant.
J’ai l’impression de tout gâcher. De le faire exprès. De ne pas le vouloir mais de ne pas pouvoir m’en empêcher. De te tester. Pour être sur. Pour savoir. Je me déteste, comme ça. Quand je fais mon cinéma. Dramaqueen. Quand je pleure. Quand je fais une crise. Quand je suis ridicule. Mais de ne pas pouvoir m’en empêcher. Je crois que j’ai tellement peur que tu m’arraches le cœur bientôt.
Je suis dans ton salon, chez toi. Tu es endormi. Dans la pièce à coté. Tu dors. Tranquille.
Je ne peux pas m’empêcher de tout bousiller.
Je prends tout mal. Non. Tout trop au sérieux, trop à cœur. Je ne suis pas léger. Je ne sais pas faire. Je sais que c’est nul, que je gâche tout, que tu vas t’impatienter. Que tu vas finir par me foutre dehors. Hors de toi. Je sais qu’il faut que je me calme, que je me détende, que tu es là. Pour le moment.
Je te regarde dormir. Je regarde ta nuque, ton épaule droite et ton dos, qui se soulèvent a peine, a chacune de tes respirations. Et j’ai envie de te mordre. De t’avaler. Pour te garder. Toujours. Cannibalisme. Cannibalisme amoureux. J’ai envie de toi. De toi en moi.
J’ai l’impression que c’est la première fois, que c’est si fort, que c’est si violent. Est ce que c’est normal ? Est ce qu’on oublie les histoires passées, le ressenti des histoires passées ? Est ce que tout est balayé pour faire place au neuf ? Un zapping inconscient ? Mieux vider pour mieux remplir ?
Je ne veux pas t’effrayer, je ne veux pas te perdre. Je suis déjà terrifié à l’idée que tu te rendes compte que je ne suis pas si beau, pas si drôle, pas si intelligent, pas si bien que ça. Je suis terrifié, et je n’ai pas envie de rajouter le poids des mots à ça.
Pour ne pas verbaliser, pour ne pas le crier, je le dis, je me le dis, sans paroles.
Tu lis, tu es allongé, la tête sur mon torse, tu lis, tu ne me vois pas, mais mes lèvres dessinent les mots. Silencieusement. C’est mon secret.
11:18 pm • 8 March 2011 • 21 notes
peutimporte-blog asked: tu as fini de pleurer?
“On finirait par devenir fou, ou par mourir, si on ne pouvait pas pleurer.” Maupassant
Mais oui, pour le moment, j'ai fini de pleurer.
12:26 pm • 27 January 2011 • 12 notes
Aparté (triste)
Ce matin j’ai pleuré dans le transilien. A l'heure de pointe. Collé aux autres.
Je pense à toi tout le temps. Les larmes montent sans prévenir. Comme là, maintenant, en écrivant ces mots.
Je te laisse tranquille, je te laisse tranquillement recoller les morceaux.
Prenons finalement cette distance tant attendue. Tenons nous y.
Et advienne que pourra.
Tu as finalement choisi. Pas la fin que je voulais, pas ce que j’espérais non. Pas ce que j’attendais. Tu rentres avec lui, chez lui, tu retournes avec lui. Je n’arrive même pas à le concevoir, ça me paraît tellement insensé. Tellement dommage. Tellement rageant. Tellement violent. Tellement bête. Tellement nul. Tellement absurde. Tellement lâche. Tellement facile. Tellement horrible. Tellement triste.
Du coup je pleure. Du coup je ne pense qu’à ça, à toi. Et je n’arrive même pas à écrire.
7:15 pm • 17 January 2011 • 3 notes
De l'attente
Je tombe, je crois que je tombe amoureux de toi, et ça me fait peur.
Je t’ai dit n’avoir peur de rien, je t’ai dit, je n’ai peur de rien, donc j’ai peur de tout. Mais j’ai peur de toi, surtout.
Peur que tu réalises que je suis bête, que je suis laid, que je suis nul, peur que tu te réveilles et que tu te rendes compte de la connerie que tu fais de le laisser pour moi. Peur que tu ne le laisses pas. Que tu retournes à lui, dans une semaine, quand le temps sera écoulé. Peur de ne jamais t’embrasser de nouveau, peur de ne jamais être dans tes bras de nouveau, peur de ne jamais me réveiller avec ton odeur dans mon lit de nouveau. Peur de ne plus jamais surprendre cette lueur quand tu me regardes. Ton regard sur moi.
Dans la voiture enneigée, nous nous embrassons, une voiture de police passe, j’ai bu du serpent et du Tabasco, nous sommes saouls et seuls, les rues sont vides et blanches, et je suis en train de fondre.
Une chose dont je n’ai plus peur : que ce ne soit pas vrai.
Que le piment du secret, que le piment de l’interdit soit l’unique épice, non, ça non, maintenant, je le sais. Je sais que c’est autre chose. De plus fort, de plus viable, de plus beau. J’espère que tu le sais aussi.
Parce que je déteste ça. Ne rien pouvoir dire. Ne rien pouvoir faire. Ne rien pouvoir te dire ou te faire, dans la rue.
Devant le monde. Être privé du monde.
Rue du renard, tu marches avec moi vers le bus, nous avons joué à cache-cache toute la nuit, nous deux contre les autres, nous avons gagné, tu me dis que je t’énerve, ça me fait plaisir, tu me dis que tu veux passer la nuit avec moi, c’est un déchirement. Je te regarde en m’éloignant et tu ne te retournes pas.
Dans ce café américain, caché derrière ce mauvais capuccino, j’ai ce mal physique de ne pas te toucher, de ne pas t’embrasser, et de te dire qu’il serait bon de prendre du recul.
La première nuit, le mauvais endroit mais la bonne personne, je ne me souviens pas avoir dormi, je me souviens de tes bras, autour de moi, de n’avoir plus eu envie de me lever, jamais, et de la serveuse brune qui louchait le lendemain midi.
Deux semaines où l’on ne se voit pas. Ta voix au téléphone me calme. Je me surprends à attendre tes messages. À m’en vouloir d’attendre tes messages.
Musée d’Art Moderne, tu m’attires derrière un mur, une toile, et tu m’embrasses. Je t’ai dit avoir rompu, tu m’as dit savoir ce que tu devais faire. Je n’ai pas osé te demander quoi. Être prisonnier de son corps. C’est ce que tu voyais sur les toiles, et je trouvais cela tellement ironique.
Tu es chez moi, dans ma chambre, sous ma couette, et je ne peux m’empêcher de sourire, de te sourire, de te rendre ton sourire. En partant travailler je te laisse dans le lit, et je suis heureux de te savoir dans ma chambre, sous ma couette.
M nous parle de son rêve prémonitoire, nous sommes tous les deux, ensemble, en couple, je te regarde et tu mens tellement bien, moi j’ai très chaud et je fais un effort surhumain pour avoir l’air détendu et détaché. Bizarrement son rêve me donne confiance, et j’imagine une possibilité pour un nous.
C’est toi qui a la main, c’est toi le maître du jeu, je me suis échappé, je t’ai refilé le rôle, je ne voulais sans doute pas l’endosser, je t’ai laissé maître du jeu et maintenant je n’ai plus rien a faire, juste attendre. Facile. Tu m'as dit qu’une des plus belles choses chez moi, c’est cette certitude que quelque chose arrive, cette certitude dans l’attente.
Mon lit est sale. Sale de nos jouissances successives. Je te regarde, tu viens de jouir, et tu es tellement beau. Et j’ai presque du mal à retirer les draps quand tu n’es plus là. Les traces, une trace. Garder une trace de ce moment de beauté. Une trace de nous.
Alors j’attends,
J’attends le monde, je t’attends.
2:07 pm • 11 January 2011 • 6 notes
Tchi-Tcha
Une scène de cinéma. Juste ça. La pluie froide de décembre.
Je sors du bar, j’allume ma clope sous la pluie, j’enfile mon écharpe, mon bonnet, mon écharpe, mon manteau, et puis je lis ce texto. On va s’arrêter là. Désolé. Et tu me tapes sur l’épaule, tu voulais effacer. Tu voulais effacer ton message. Que je ne voie pas. Trop tard. Je te répète qu’on s’appellera demain. Et je m’en vais. Je me ravise. En fait non, on ne s’appelle pas. J’arrive au coin du bazar de l’hôtel de ville. Tu m’as couru après. Tu es désolé. Tu ne veux pas me comparer avec lui. Tu ne veux pas. Mais tu le fais. Tu sais que je ne suis pas lui. Tu sais que tu n’aurais pas dû faire une scène. Pour lui. Devant moi. Tu mélanges. Je sais. Tu ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas mieux. Je m’en vais. Je marche longtemps dans la pluie de décembre. Dans le froid de la ville. Je vais arriver. À pleurer. Je vais y arriver.
Je pleure. Dans la pluie. Une scène de cinéma.
Le lendemain, il m’appelle. Nous nous voyons chez lui. Sur le lit. Il s’excuse. Il a gâché, il a deconné, il a craqué. Il est bien avec moi, il ne s’y attendait pas. Rencontrer quelqu’un, quelqu’un comme moi. Je mérite mieux, bien mieux que ce texto, il ne voulait pas, c’était de la provocation, il était mal. Il a fait un transfert, je ne suis pas son ex. Il s’excuse.
Je le pardonne ? Je le pardonne.
10:15 pm • 1 January 2011 • 7 notes
Action
J’ai peu d’expériences sexuelles, actives, je veux dire.
J’aime être pénétré, ouvrir les jambes, ouvrir mon corps, sentir l’autre entrer en moi, glisser, durcir, donner l’impulsion, jouir. En moi.
Dominer en donnant l’impression à l’autre qu’il a le pouvoir.
Avec G, j’avais essayé, être actif. Il n’avait pas pu, il avait mal, ma bite était trop grosse, je m’y prenais mal, je ne sais pas. J’avais essayé quelques fois. F est le premier à me mettre assez en confiance pour recommencer. Et a m’en donner envie…
Retenter l’expérience.
D’autres sensations. Un risque nouveau. Et y prendre du plaisir, apprendre à y prendre du plaisir. Et en donner, aussi, en sachant le plaisir que l’on donne, pour l’avoir éprouvé avant. Avec lui, avec d’autres.
Réussir une fois, avec la maladresse des premières fois, retrouver ses 15 ans. Être perdu, regarder ses yeux et se trouver, s’enfoncer, profondément, l’embrasser, et le prendre, entièrement, sentir qu’on le possède. Jouir, en lui.
Recommencer, bader, bander dur, vouloir le baiser, vouloir le faire crier, le faire gémir, le faire jouir, mettre une capote et debander. La panne. Avoir honte, vouloir se cacher, la déception.
Se prendre la tête, se mettre la pression, la faire retomber, réessayer, et réussir, et jouir. D’une nouvelle façon, d’une autre façon. Toute aussi belle.
Et recommencer.
7:01 pm • 20 December 2010 • 3 notes
aparté ( present )
retrouvé dans mes archives :
( Et qu’est ce que c’est un mec que tout le monde qualifie de rêveur, mais qui ne se souvient jamais de ses rêves ?
Quelqu’un d’incomplet ?
Tout à l’heure j’ai regardé le soleil à travers les branches d’un arbre, les feuilles jouaient avec le vent comme si elles parlaient de moi, elles, des centaines, moi, tout seul. Je voulais grimper et les écouter me chatouiller et me parler à l’oreille. J’y ai sincèrement pensé.
Je passe ma vie à inventer des choses, je suis comédien.
Je ne me sens jamais autant moi-même que sur une scène.
Je crois que c’est ça mon problème, je sonne faux dans ma vraie vie.
Mauvais tempo, j’oublie mon texte, mon corps ne m’obéit pas, je ne suis jamais au bon endroit, mes émotions ne sont que très rarement appropriées a la situation.
Comment on fait pour être au présent ? )
4:31 pm • 26 November 2010 • 4 notes
Medication
J’ai envie de dire je t’aime.
Je ne sais pas si je l’aime, non, je ne sais pas, j’ai bien trop de mal à retrouver la clef, mais le dire. Pour le souvenir. Se souvenir de la sensation, se souvenir du moment où on le dit, je t’aime, la formule magique, la phrase qui fait tout basculer.
Se souvenir du courage qu’il faut, se souvenir du sourire qui suit, ou le déchirement.
Faire le test. En suis-je encore capable ? Aimer.
Vivre un truc, par les mots, cesser d’écrire et parler, cesser de penser et acter. Dire.
Je vois F depuis 2 semaines. Tous les soirs. Presque. Ce n’est pas moi, je veux dire, ce n’est pas que moi. C’est lui qui me relance, qui me propose, qui m’invite.
C’est simple. On veut se voir, on se voit. Il n’y a pas de calculs, pas de c’est trop, c’est trop tôt, non alors même si j’en ai envie, ce soir c’est non, je reste chez moi.
Non, pas de ça. On sort, on regarde, on rencontre, on mange, ses amis, les miens, des Oreos, du Perrier, une licorne.
Il pose sa main sur mon genou, on s’embrasse, je n’ai plus l’habitude de ça, des gestes de tendresse en public, les gestes du couple. Sommes nous un couple ? déjà ?
Je n’ai plus l’habitude d’être deux.
Je ne sais pas si c’est de l’amour, le début du moins, j’ai fini par tellement me blinder, tellement oublier, tellement glisser sur tout, que je ne me souviens plus très bien. Et si en disant « je t’aime » tout revenait ? Si le verbe guérissait ?
2:52 pm • 29 October 2010 • 10 notes
Aparté (ventre)
Parfois dans mon ventre.
Parfois, quand je regarde un film, quand je regarde et que les personnages pleurent, se déchirent, que mes yeux se mouillent, mon ventre se serre, rapetisse. Parfois, j’écoute une chanson triste qui me rappelle. Et mon ventre crisse. Parfois j’attends ton appel, j’écoute le temps qui passe et mon ventre pleure.
Comme si je venais d’avaler ma solitude.
2:23 pm • 20 October 2010 • 6 notes