J’ai envie de dire je t’aime.
Je ne sais pas si je l’aime, non, je ne sais pas, j’ai bien trop de mal à retrouver la clef, mais le dire. Pour le souvenir. Se souvenir de la sensation, se souvenir du moment où on le dit, je t’aime, la formule magique, la phrase qui fait tout basculer.
Se souvenir du courage qu’il faut, se souvenir du sourire qui suit, ou le déchirement.
Faire le test. En suis-je encore capable ? Aimer.
Vivre un truc, par les mots, cesser d’écrire et parler, cesser de penser et acter. Dire.
Je vois F depuis 2 semaines. Tous les soirs. Presque. Ce n’est pas moi, je veux dire, ce n’est pas que moi. C’est lui qui me relance, qui me propose, qui m’invite.
C’est simple. On veut se voir, on se voit. Il n’y a pas de calculs, pas de c’est trop, c’est trop tôt, non alors même si j’en ai envie, ce soir c’est non, je reste chez moi.
Non, pas de ça. On sort, on regarde, on rencontre, on mange, ses amis, les miens, des Oreos, du Perrier, une licorne.
Il pose sa main sur mon genou, on s’embrasse, je n’ai plus l’habitude de ça, des gestes de tendresse en public, les gestes du couple. Sommes nous un couple ? déjà ?
Je n’ai plus l’habitude d’être deux.
Je ne sais pas si c’est de l’amour, le début du moins, j’ai fini par tellement me blinder, tellement oublier, tellement glisser sur tout, que je ne me souviens plus très bien. Et si en disant « je t’aime » tout revenait ? Si le verbe guérissait ?