Une scène de cinéma. Juste ça. La pluie froide de décembre.
Je sors du bar, j’allume ma clope sous la pluie, j’enfile mon écharpe, mon bonnet, mon écharpe, mon manteau, et puis je lis ce texto. On va s’arrêter là. Désolé. Et tu me tapes sur l’épaule, tu voulais effacer. Tu voulais effacer ton message. Que je ne voie pas. Trop tard. Je te répète qu’on s’appellera demain. Et je m’en vais. Je me ravise. En fait non, on ne s’appelle pas. J’arrive au coin du bazar de l’hôtel de ville. Tu m’as couru après. Tu es désolé. Tu ne veux pas me comparer avec lui. Tu ne veux pas. Mais tu le fais. Tu sais que je ne suis pas lui. Tu sais que tu n’aurais pas dû faire une scène. Pour lui. Devant moi. Tu mélanges. Je sais. Tu ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas mieux. Je m’en vais. Je marche longtemps dans la pluie de décembre. Dans le froid de la ville. Je vais arriver. À pleurer. Je vais y arriver.
Je pleure. Dans la pluie. Une scène de cinéma.
Le lendemain, il m’appelle. Nous nous voyons chez lui. Sur le lit. Il s’excuse. Il a gâché, il a deconné, il a craqué. Il est bien avec moi, il ne s’y attendait pas. Rencontrer quelqu’un, quelqu’un comme moi. Je mérite mieux, bien mieux que ce texto, il ne voulait pas, c’était de la provocation, il était mal. Il a fait un transfert, je ne suis pas son ex. Il s’excuse.
Je le pardonne ? Je le pardonne.