Et puis il y a T.
Je sortais de chez ce mec inutile, et je me suis dit que j’allais cesser les plans culs glauques. Enought is enought comme le dirait cette chère Donna.
J’ai rendez-vous avec T.
J’ai peur qu’il ait le renard autour des épaules, comme sur la photo. Il l’a baptisé C…, référence au générique du dessin animé de notre enfance. J’en avais peur d’ailleurs, ces hommes à tête de chiens, ou de renards…Brrrr…
Un café au Progrès. Je me sens à l’aise très vite. Je ne renverse rien. Je ne dis pas de trucs que je ne pense pas pour lui plaire. Je le trouve beau. Beaucoup plus que sur les photos, mais ça, je le savais. Je suis tranquille. Je ne bégaye pas. Presque pas. Puis on va boire une pinte à La Perle. Il me fait rire. Il m’intéresse. Je le regarde dans les yeux. Il a un dîner après et il me raccompagne au metro.
J’ai un doute sur la marche à suivre au moment de lui faire la bise et je crois que lui aussi. Une fois assis dans la 1, je sors mon téléphone pour raconter tout ça à S, et je vois qu’il m’a envoyé un texto : « J’aurais peut-être dû t’embrasser. Regret quand tu nous tiens. »
Le samedi, je le retrouve. Même embarras de la bise. On se la fait donc sur la bouche. C’est plus simple. Il a sorti C…. On bois du vin blanc. On mange du chinois. On s’embrasse. On fait l’amour. Il a une énorme bite. Pas d’autre mot, et ne soyons pas hypocrites, ça me plait bien. Je ne suis jamais à l’aise, au début, avec les énormes bites. Mais je fais de mon mieux.
On s’endort. Et j’avais oublié ce que c’est de dormir avec un garçon qui vous fait des câlins. Qui vous fait un sourire le matin.
Et le lendemain. On a refait l’amour. Je ne dis jamais ça, moi, je dis baiser. Lui il dit « faire l’amour ». C’était chouette. Trop chouette. J’étais tellement excité que j’ai joui super vite. Honte. Honte. Honte. Je plains les éjaculateurs précoces, de tout mon cœur. Peur de le décevoir. Être déçu, aussi, car j’avais envie, de lui en moi, de voir ses yeux quand il jouirai en moi.
Je me suis toujours considéré comme un bon coup. Mais pas avec lui. Avec lui j’ai l’impression d’être nul. De ne rien faire bien. Qu’il n’aime pas me baiser. Je crois aussi qu’il y a très longtemps que je n’ai pas couché avec un garçon que j’aime bien. Un garçon qui m’importe. Depuis G en fait. Et que j’ai de nouveau le problème que j’avais avec lui, ce manque de lâcher prise, ce besoin de contrôler l’image que je renvoie quand je baise. Ne pas être la salope qui va rentrer seul chez lui. Je m’invente des problèmes ? J’ai besoin de vraiment me débarrasser de ce putain de truc. La maman et la putain.
La fois d’après on a recouché ensemble et j’ai testé de nouvelles positions…
Au matin je le laisse dormir pour aller travailler.
Quelque chose se mélange en moi.
Qu’il vienne m’ouvrir la porte avec des yeux ensommeillés et des cheveux emmêlés.
On se téléphone tous les jours avec T. Plusieurs fois même, quand on ne se voit pas. Je viens de raccrocher avec lui. Après 6 heures de conversation. Cela fait 5 jours qu’il n’est pas là et il part demain pour 10 autres jours.
Problèmes logistiques.
J’ai envie de prendre un billet pour Londres, j’ai envie de l’embrasser, de le prendre dans mes bras, de passer la nuit à faire l’amour. Mon cœur d’artichaut. Il fond. Je crois que je suis en train de tomber amoureux.
Merde.