Moi : « Bah oui tu vois, s’il avait vraiment été amoureux de moi, il aurait largué son mec pour moi quand j’étais célibataire… »
T : « Parce que t’es plus célibataire ? »
Du genre hyper violent. Du genre on a dormi ensemble 6 jours sur 7 la semaine dernière. Du genre le septième jour tu m’as téléphoné pour me dire bonne nuit. Du genre je t’ai présenté mes amis et tu m’as présenté les tiens. Du genre il ne s’est pas passé un jour sans qu’on se donne de nouvelles : textos / mms / mail / FaceBook / skype / téléphone fixe / téléphone portable / bbm quand tu étais à Londres. Du genre ça fait plus d’un mois tout ça.
Donc si on est pas ensemble, on fait quoi ?
J’aurais dû te répondre plus franchement et te poser cette putain de question. Au lieu de bêtement dire «bah, heu, oui, enfin, je suis moins célibataire qu’avant…». Ça ne voulait rien dire. Je sais que ça t’a amusé de me voir rougir et dire n’importe quoi. Moi ça m’a fait de la peine.
J’aurais aimé que tu voies que ça me touche, j’aurais voulu que tu me prennes dans tes bras pour regarder Fenêtre sur cour, j’aurais voulu qu’il n’y ai pas tout ce discours sur le couple qui m’a fait rire jaune au début du film, j’aurais voulu plus qu’une caresse sur les cheveux quand on a éteint, j’aurais voulu que ce matin tu m’embrasse, j’aurais voulu que tu dise quelque chose.
Mais plus que tout j’aurais voulu faire dire quelque chose. Assumer. Et te dire que oui, je veux être ton amoureux. Ton amoureux…
Mais ça y est. Je suis touché, contaminé. Le mal du siècle, ce n’est pas le mal du dos, ou les troubles du sommeil, c’est plus simple que ça, c’est une question toute simple : « On est un couple ou non ? »
Et c’est une question que je ne pose pas. Ce serait trop facile, non, c’est une question qui me traîne dans la tête, qui se pose et se repose, à tout moment.
Quand tu lui envoies un sms juste pour lui dire bonjour, quand tu lui dis « tu veux que j’achète un truc pour dîner ? » avant d’arriver chez lui, quand tu l’embrasses en publique. Quand tu le présentes à tes amis, quand il te présente à ses amis. Quand vous faites l’amour, quand il te prête un caleçon, quand il te fait écouter sa chanson préférée et que tu la trouves merveilleuse, quand tu sors de la couette alors qu’il fait moins vingt pour aller lui chercher un verre d’eau, quand il sourit, quand il te prépare le petit-déjeuner, quand vous regardez un film mais que tu ne peux pas t’empêcher de le regarder lui, quand tu te rends compte qu’il est 9h00 du matin, et que tu as déjà pensé à lui 15 fois. Quand tu le regarde. Quand il t’appelle juste pour de souhaiter une bonne nuit.
Pourquoi est-ce que tout ça, le couple, l’amour, est devenu un jeu, un duel, où celui qui tombe amoureux perd ? Une sorte d’ultimate fighting, où il n’y a pas de règles établies, où tu navigues en eaux troubles, où si tu te noies personne ne viendra te faire du bouche-à-bouche.
Pourquoi est-ce que je nage si mal ?