«you’re very cute and all, but i prefer your friend F»
Ça c’est ce que m’a dit M, un Espagnol moustachu, vendredi soir. Une fête dans un loft, une djette espagnole que je devais remplacer a un moment, mais je me suis défilé, une machine a fumée, du champagne, et plein trop de monde.
J’ai toujours du mal à parler aux gens que je ne connais pas, des restes de ma timidité enfantine maladive et je tombe sur ce M. Un peu mignon. Un accent. Une moustache et hop ! Je suis sous le charme. Je discute avec lui, je lui parle en français, en anglais, je tente même de parler en espagnol, chose que je n’ai pas fait depuis la terminale. Il est gentil, il est charmant, il est roux.
Comme d’habitude je suis une quiche et j’ai du mal à lancer les hostilités. J’en parle à tout le monde, comme je sais faire quand j’ai 3 + 1 grammes, j’en parle même à des quasi inconnus. Et la F me dit : « En tout cas si t’y vas pas moi j’attaque. »
Donc je finis mon verre de je-ne-sais-plus-quoi-j’etais-deja-saoul et je reviens vers moustache, je lui glisse à l’oreille, tu sais là, i really feel like kissing you, can I ? et je m’apprête à l’embrasser, donc, mais lui se recule et me lance la sus-transcrite phrase fatale.
Donc je fais le mec qui s’en fiche, je lui dis go for him, go for him,
Et je me glisse dans la foule de gens bourrés qui piétinent le parquet.
(J’ai l’impression d’être sans cesse le troisième en ce moment. Entre F et J qui sont carrément ensemble maintenant, F qui se tape à chaque fois le mec qui me plait, J et G qui me disent sans cesse que l’autre est trop beau…. J’ai vraiment ce sentiment d’être au milieu des autres, d’être un tremplin, une borgne de renseignement, une courte échelle. J’aimerais juste que parfois ce soit à moi qu’on la fasse, la courte échelle.)
Un peu après ça, je vois un garçon brun avec des lunettes rondes, je le trouve sublime, pas la beauté qui ferait l’unanimité, mais pour moi, il est sublime. Je le dis à C avec qui je bois un verre. Elle me demande s’il est pédé, puis devant mon ignorance va le voir, le lui demande. Il répond que oui. Elle me le ramène. Et là, je ne sais pas si c’est l’alcool, la drogue, cupidon, les 3 ensembles mais bref, on se parle les yeux droits dans les yeux, j’oublie un peu tout autour, le moustachu compris.
Bien sûr il partait, bien sûr il ne travaille pas sur Paris, bien sûr. Il ferme son manteau, me dit son nom que j’enregistre dans mon BlackBerry et s’en va. J’ai vu le lendemain qu’il avait aussi ajouté J, et même s’il a répondu positivement à mon mail, je crois que c’était surtout l’alcool et si peu la foudre.
Bref, je le regarde partir, je vide mon verre et je me glisse dans la foule de gens bourrés qui piétinent le parquet.