Je ne sais pas. Je suis sur l’île saint Louis avec B, il est 7h ou 8h du matin, pas encore dormi, pas encore, on regarde le soleil monter dans le ciel, Paris prendre son rythme. Sur le banc.
Les joggers. Les promeneurs de chiens. Les lève-tôt.
On ne parle pas tout le temps. Il parle plus que moi. Je le trouve étrange. J’irais bien dormir toute la journée avec lui.
Mais je rentre chez moi, je passe dans les couloirs du metro au même moment que toutes les fourmis, tous les travailleurs, tous les costumes gris, toutes les cravates bleues, tous les chignons, tous les tailleurs.
Je sens la vodka. Ils sentent l’après-rasage.J’ai les yeux cernés. Elles sont maquillées.
Je tire mes rideaux et je tire ma couette.
Quand je me réveille l’après-midi j’ai un mail de B : C’était cool d’être avec toi sur L’Île des dresseurs de chien asiatiques. À plus tard
Deux jours plus tard, je le croise dans un bar. Un peu plus tard il m’embrasse.
Je me réveille chez un garçon avec B dans les bras. Dormir blottis l’un l’autre. C’est quoi l’intimité ? C’est quoi l’intimité ?
On se réveille, on part ensemble. Quand il me quitte, dans le metro, il me tapote la tête et me dit à plus tard. Je sais que c’est déjà trop tard, déjà fini avant même de commencer, je sais que de toute façon, je n’avais sans doute pas envie que ça commence.
Que j’avais juste envie de penser a quelqu’un pour le week end.
Merci B.