Dans le lit. Nos jambes se touchent. Je le regarde, il est sur le dos, les yeux fermés. J’ai encore tellement ri, avec lui, ce soir. Je suis tellement content d’être là, maintenant, avec lui, sous le drap.
J’hésite longtemps. Je regarde ses lèvres. J’hésite longtemps et puis je me lance. Je l’embrasse. J’y vais. Je tente le coup. Il me rend mon baiser. Puis l’arrête, « ce n’est pas une bonne idée. »
Il y a quelque chose comme un mois, dans un endroit que je n’aime pas, au Scarron, pour balancer, j’ai rencontré R. J’étais avec B, D et J. On était déjà dans un état d’ébriété avancé. Samedi quoi. Bref, R est un ami de B. Il avait du poppers. Une fin de poppers. Il a partagé. Et si je me souviens bien, nous nous sommes embrassé. Bref. Mais je ne lui avais pas vraiment prêté attention.
D m’a dit quelques jours plus tard qu’il n’osait pas m’ajouter sur FaceBook. Ou quelque chose comme ça. Ou c’était moi. Ça m’a plu. Bref.
La semaine suivante, ou celle d’après, je ne sais plus très bien, on se recroise. On se reparle. Je dors chez lui, il ne se passe rien de plus que des câlins, des baisers. C’est doux. Il me parle de B. Que je connais un peu, qu’il a vu plusieurs fois. Je me sens mal. Il ne se passe rien de grave, je ne fais rien de mal, mais.
Et plusieurs fois, on dort ensemble, et il ne se passe rien de sexuel, juste nos baisers, nos caresses. C’est doux. On répète le schéma, on sort, on s’enivre, on rentre chez lui, on ri beaucoup, nains, fantômes, fermiers, ce genre de choses, on dort ensemble, mais on ne fait pas l’amour. Pour le petit déjeuner, on boit du coca light et on fume des clopes. Parfait.
J’entrevois la possibilité de quelque chose. Je devrais savoir maintenant, je devrais savoir et me méfier.
Il me dit que je lui ai manqué. Une semaine loin de Paris, je le vois dès mon retour. Il m’a manqué. Lui aussi. On se couche sous les draps. Dans le lit. Nos jambes se touchent. Je le regarde, il est sur le dos, les yeux fermés. J’hésite longtemps.